9 mois, 9 jours

Connaître son corps et sa sexualité

« Nous sommes libérés par ce que nous acceptons mais nous sommes prisonniers de ce que nous refusons. » Swami Prâjnanpad

Ce thème est une charnière, un pont entre les 4 précédents et les 4 suivants. Jusqu’à présent, nous sommes allés voir l’intériorité de notre être. A présent, nous allons entrer dans l’univers du rapport du Soi à l’Autre.

Pour traverser le pont, nous allons considérer notre corps, le véhicule de notre âme ici sur terre, si souvent délaissé. Il est le représentant de la matière s’élançant dans l’univers. Les pieds sur terre, la tête dans le ciel, il porte notre étincelle là où nous allons, il est le point de contact entre ce qui touche et ce qui est touché en nous.

Rares sont celles et ceux qui connaissent vraiment leur corps. Bon nombre de tabous sont encore en cours dans nos éducations actuelles, surtout dans les pays dits « occidentaux ». C’est à croire qu’en la matière, nous sommes les « sous-développés ». Le déclin du catholicisme, et des religions en général, ne signifie pas pour autant que nous sommes libres dans notre rapport au corps. La tradition judéo-chrétienne nous a laissé des traces. La honte en est certainement la plus frappante. Nous recevons également beaucoup de messages contradictoires de notre société de consommation. Le corps y est exploité pour faire vendre, il est devenu « objet » de paraître. Les hommes ne sont pas en reste. Nous devons être à la mode, avoir telles mensurations, telle musculature, telle taille, et surtout avoir une sexualité soi-disant « libérée ». Fidèle représentante de la luxure, la sexualité est aujourd’hui déshumanisée. C’est ainsi que la honte s’est installée et prolifère encore aujourd’hui. La révolution de Mai ’68 nous a proposé un modèle opposé à son précédent. Pour autant, aujourd’hui, nous en constatons aussi les effets déviés. Il nous appartient donc de revenir à la dimension véritablement divine de ce corps trop souvent ignoré, meurtri, et abandonné.

Mais le corps a aussi un langage qui lui est propre, un langage qui nous exprime là où nous avons mal, là où il s’agit de porter notre attention. Il a la capacité de nous aider à retrouver la vie en nous. Alors, vous qui me lisez, êtes-vous prêts à vous mettre à l’écoute avant qu’il ne vous force à le faire ?